« Honorer les promesses que nous avons faites à nos filles »

Ranjana Kumari avait 42 ans quand elle a assisté à la Conférence de Beijing en 1995 comme Coordonnatrice du Réseau sud-asiatique pour les femmes en politique. Elle était également Directrice du Centre pour la recherche sociale en l'Inde à l'époque, un poste qu'elle occupe encore aujourd'hui.

Date : mercredi 14 mai 2014

Lorsque je repense à la Conférence de Beijing, je me souviens du sentiment de fête. Je me rappelle la chaîne de femmes que nous avons formée à Beijing, nous tenant les mains en cercle autour du centre de conférence. Je peux encore ressentir le courage, la force et la détermination de mes sœurs rwandaises. Aujourd’hui, le taux de participation des femmes à la politique au Rwanda est parmi les plus élevés au monde. Bien que 30 pour cent des sièges du Parlement soient réservés aux femmes, leur représentation est devenue plus importante, et se situe actuellement à 63,8 pour cent dans la Chambre basse et à 38,5 pour cent dans la Chambre haute .

Ranjana Kumari
Photo utilisée avec l’aimable permission de Ranjana Kumari

Lors de la quatrième Conférence mondiale en 1995, le Centre pour la recherche sociale (CSR), en collaboration avec d’autres organisations régionales, sous-régionales et internationales, a animé des consultations abordant la question de la participation des femmes en politique. Nous avons reconnu les limites auxquelles les femmes sont confrontées dans tous les systèmes de gouvernement. Qu’il s’agisse de systèmes démocratiques ou autocratiques, les femmes restaient sous-représentées.

En 1995, les données mondiales en disaient long sur les nombreux obstacles auxquels les femmes étaient confrontées en termes de participation au sein d’organes élus. Tout au long de la Conférence, beaucoup de stratégies de promotion de l’égalité des femmes dans leur participation à la vie politique ont été soulevées. Et pourtant, aujourd’hui encore les femmes ne représentent que 21,7 pour cent des représentants élus à l’échelle mondiale. En Inde, le taux de représentation des femmes atteint à peine 10 pour cent.

Depuis la Conférence de Beijing jusqu’à ce jour, 89 pays ont établi une forme de représentation des femmes. Plusieurs pays ont pris les devants et ont adopté des lois pour protéger les femmes contre toutes les formes de violence.

Je suis très enthousiaste à la perspective du processus d’examen de Beijing+20, car le CSR se bat pour obliger les gouvernements à rendre compte des mesures qu’ils ont prises ces 20 dernières années en matière d’amélioration du statut des femmes. Nous devons également faire le point sur le statut des femmes à travers le monde et identifier les défis à surmonter pour concrétiser le rêve que nous avons nourri ensemble depuis la Conférence de Beijing.

Les principaux défis à relever incluent les formes de violence extrêmes contre les femmes, comme le fœticide féminin, les agressions sexuelles et les conditions sanitaires et de pauvreté extrêmes. De plus, les besoins essentiels des femmes, comme l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, sont encore insatisfaits. Pour ce faire, je pense qu’il est essentiel de se concentrer sur le rôle des femmes dans la gouvernance, car c’est là un aspect vital pour l’avancement des femmes.

Je salue l’idée de Beijing+20, car il ne s’agit plus aujourd’hui d’une question d’autonomisation des femmes seulement, mais aussi du défi que pose la responsabilisation des sociétés, des communautés et des États dans l’acceptation des femmes sur un pied d’égalité. Ainsi, mon slogan pour Beijing+20 est le suivant : « Les femmes sont égales ». J’espère que Beijing+20 permettra de renforcer le mouvement international des femmes pour instaurer l’émancipation, l’autonomie et l’égalité des femmes. Nous sommes maintenant passés à une nouvelle génération, et nous devons honorer les promesses que nous avons faites à nos filles quand nous avons scandé les chants de victoire et dansé au rythme des tambours de nos sœurs africaines, racontant et partageant nos expériences à Beijing en 1995.

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