World Environment Day

Les femmes font tomber les barrières pour un avenir énergétique propre

Par Gisele Bündchen

Date : 04 June 2014

Gisele with women from Kisumu in Kenya
Gisele parle aux femmes locales de Kisumu sur leurs voyages dangereux pour ramasser du bois pour leurs foyers. Photo: © Practical Action

L’icône de la mode, Gisele Bündchen, est ambassadrice de bonne volonté du programme des Nations Unies pour l’environnement. Elle a été surnommée la célébrité la plus « verte » de la planète.

Je pense que si l’on veut contribuer à faire du monde un meilleur endroit où vivre, il est indispensable de savoir ce qui se passe dans les autres pays. Ce n’est que lorsque nous sortons de notre bulle que nous pouvons voir comment nous pouvons faire avancer les choses.

Je me suis, par exemple, rendue au Kenya. J’ai appris énormément sur les problèmes environnementaux et énergétiques auxquels le pays est confronté. J’ai également été stupéfaite de voir tout ce que les femmes peuvent accomplir lorsqu’elles unissent leurs efforts.

J’ai pu voir par moi-même concrètement ce que le Programme d’action de Beijing signifie. Ce programme visionnaire pour l’autonomisation des femmes a été adopté il y a près de 20 ans, et pourtant, il promouvait déjà l’égalité des sexes en matière de gestion des ressources naturelles et de préservation de l’environnement, et il soulignait la nécessité de faire tomber les barrières.

Ce sont bien souvent les femmes qui sont pénalisées par les dommages causés à l’environnement. Elles n’ont guère leur mot à dire dans la recherche de solutions, alors qu’elles sont en première ligne dans la lutte pour la protection de l’environnement. Et nous sommes conscients que notre avenir en dépend.    

Savez-vous qu’un simple poêle à bois peut avoir un impact considérable sur la vie d’une femme ? Les gens l’utilisent faute d’un accès à de l’énergie moderne comme l’électricité. Les poêles génèrent beaucoup de fumée toxique, ce qui nuit à l’environnement et à notre santé. Avec environ 4,3 millions de morts dans le monde chaque année, cette fumée fait plus de victimes que la malaria. C’est abominable ! Néanmoins, les populations rurales au Kenya n’ont pas d’autres alternatives, puisque seulement 4 pour cent ont accès à l’électricité.

Ce sont également les femmes à qui revient la charge du ramassage du bois à feu. Elles passent plusieurs heures à le ramasser et le porter. Je tenais à le voir de mes propres yeux. C’est pourquoi je suis partie à la rencontre de femmes dans un village kenyan, en périphérie de la ville de Kisumu. Elles vont ramasser le bois au moins deux fois par semaine, en partant à l’aube et en revenant au crépuscule. Elles doivent marcher de longues heures avant d’en trouver, car beaucoup d’arbres près de chez elles ont déjà été coupés.

Le jour où je les ai accompagnées, nous avons parcouru plus de huit kilomètres, une distance relativement courte à leurs yeux. Nous avons dû porter de lourds outils sous une chaleur étouffante. Les femmes m’ont fait part de leur inquiétude face au nombre considérable d’arbres abattus, en se demandant où elles allaient bien pouvoir trouver du bois dans l’avenir.

Lorsque nous sommes arrivées dans un endroit pour couper du bois, nous nous sommes rendu compte qu’il était plein d’épines qui nous piquaient les doigts. Chaque femme a coupé environ 40 kilos de bois, de quoi remplir deux très grosses valises qu’elles ont ramenées sur leur tête. Pour ma part, je n’ai pu ramener que le cinquième de ce qu’elles portent habituellement.

Cette expérience m’a montré combien l’énergie moderne est essentielle dans la vie des humains. Ces femmes sont fortes et travaillent dur pour subvenir aux besoins de leurs familles et les nourrir, mais elles ont besoin d’alternatives à ce type de combustible.

Heureusement, de plus en plus de femmes au Kenya et dans d’autres pays trouvent des solutions, comme les poêles à cuisson lente fabriqués avec de l’argile trouvée sur place. Ces poêles sont équipés d’une hotte antifumée qui réduit de 70 % la pollution intérieure, et les quantités de bois utilisées sont réduites de moitié. C’est une solution qui bénéficie tant aux populations qu’à l’environnement.  

Naomi, une dirigeante communautaire, fait partie des personnes qui ont marqué mon séjour au Kenya. Elle a conçu une cuisinière sans feu, qui économise le bois et réduit la fumée à l’intérieur. Elle conserve la chaleur de la nourriture pendant huit heures après sa cuisson, ce qui permet d’économiser le bois.

Bien qu’elle soit confrontée à de nombreux défis, Naomi maintient un regard agréablement positif sur la vie. Elle m’a confié qu’elle éprouve une joie immense à faire rire les autres ! J’ai d’ailleurs vu à quel point les autres femmes du village l’appréciaient et la respectaient.

Il y a beaucoup de femmes comme elle dans le monde : intelligentes, fortes et positives. Nous pouvons toutes et tous profiter de leurs idées et de leur énergie, lorsque les contacts avec elles ne sont pas entravés par les inégalités des sexes. Notre environnement commun représente un enjeu bien trop important pour que certains soient exclus des efforts pour le protéger, et les femmes jouent un rôle crucial dans la recherche de solutions.

Je crois fermement que nous devons toutes et tous avoir des rêves, quelles que soient les circonstances auxquelles nous sommes confronté/es. Les femmes que j’ai rencontrées au Kenya m’ont rappelé combien il est important de ne jamais renoncer. Elles m’ont montré que l’autonomisation des femmes conduit à l’autonomisation de l’humanité. Il est important de croire en soi et en ses capacités à changer les choses.

Pour plus d’informations sur les Femmes et l’environnement, consultez les articles figurant dans la section Gros Plan du nouveau site Internet de la campagne Beijing+20.