La conquête de nouveaux horizons, avec des plongeons audacieux

Date : lundi 5 janvier 2015

WOA Archana Sardana FR

À 40 ans, Archana Sardana, passionnée d’aventure et première femme civile du pays à pratiquer le base jump, saute régulièrement d’un pont à plus de 3 600 mètres d’altitude. Élevée en Inde, un pays où la participation des femmes dans le sport reste irrégulière, Sardana n’était pas passionnée des sports d’aventure durant son enfance. Mère de deux garçons, elle a décroché un diplôme en décoration intérieure et elle affirme qu’elle ne s’était jamais intéressée aux activités de plein air. Cependant, seulement 20 jours après son mariage, sur un coup de tête, elle et son mari se sont aventurés dans un marathon local connu pour son parcours abrupt et son caractère fortement compétitif. Ce moment a été décisif. Dès lors, elle a décidé qu’il lui fallait aller plus loin, et c’est ainsi qu’une légende est née. Elle a participé à des cours de formation en randonnée et en alpinisme de pointe organisés par l’Himalayan Mountaineering Institute à Darjeeling et par le Nehru Institute of Mountaineering et, depuis, sa quête de sensations fortes n’a pas cessé.

Elle a réalisé de nombreuses plongées en eaux profondes aux quatre coins du monde, et est devenue la première femme en Inde à être maître-instructrice de plongée. Elle a déployé le drapeau indien à 30 mètres de profondeur dans l’océan, au large de Neil Island dans les îles Andaman, établissant du même coup un nouveau record. Une femme d’affaires intelligente, elle dirige également sa propre entreprise « Archana Sardana Scuba Diving Academy », qui enseigne aux jeunes femmes comment surmonter leur peur et s’enivrer des sensations des sports d’aventure.

Au fil du temps, Sardana a cherché des moyens pour mettre son esprit d’aventure au profit des autres. Experte de sauts en hélicoptère, elle a réalisé son premier saut au service d’une organisation appelée « Blind Free India ».

Selon vous, quels sont les facteurs les plus importants qui vous ont amenée là où vous êtes aujourd’hui ?

D’une part, je dois tout à mon réseau d’aide, à mon mari formidable et à mes deux beaux enfants. Et d’autre part, beaucoup dépend de l’état d’esprit – l’aspect physique est important, mais la force mentale l’est tout autant. Ce qui vous pousse, à la longue, c’est votre état d’esprit et votre détermination.

Quels ont été les plus grands obstacles sur votre parcours ?

Le plus grand obstacle a été l’argent. Je suis allée jusqu’à vendre ma maison afin de pouvoir réaliser mes rêves. Mais je m’en suis bien sortie jusqu’ici. Quand j’ai commencé, mes enfants étaient en pensionnat et, au cours de cette période, je voyageais énormément. Il a fallu que je trouve un équilibre. Je travaillais plus à cette époque. Mais aujourd’hui, mes enfants sont avec moi, ils sont plutôt autonomes et ils m’apportent un soutien considérable dans mon travail.

Parlez-nous un peu de votre enfance, de vos ambitions et des personnes qui vous ont inspirée ou influencée pour devenir la femme que vous êtes aujourd’hui.

J’ai grandi dans une famille qui possédait une petite entreprise et j’ai toujours été choyée. Mes parents ont toujours été protecteurs envers moi. Curieusement, je ne me suis lancée dans les sports d’aventure qu’après mon mariage. Mais si je n’avais pas pris cette initiative proactive, rien n’aurait été possible. Quel que soit le projet dans lequel je me lance, j’essaye de l’accomplir jusqu’au bout. Mon mari comprend ces capacités que je possède. D’une certaine manière, quelque chose me pousse à sauter.

Est-ce que le fait d’être une femme a affecté votre parcours pour devenir celle que vous êtes aujourd’hui, et comment ?

Personne ne voulait que je continue. [Mais], ça ne m’a pas arrêtée, et je n’envisage pas non plus de m’arrêter. C’est ce qui me motive pour continuer. Je continuerai à le faire jusqu’au bout.

Quel message souhaitez-vous adresser aux nouvelles générations ? Quels enseignements devraient-elles tirer de votre expérience ?

Quelles que soient vos craintes, ne vous laissez pas dépasser par elles. À tous les parents qui lisent mon témoignage, je dis : « Ne transmettez pas vos craintes à vos enfants. Laissez-les faire leurs propres expériences ». Si les parents n’interfèrent pas, leurs enfants seront prêts à s’examiner et à explorer le monde qui les entoure. Les parents doivent prendre cette initiative.

Quel est votre message pour les autres femmes et les filles qui pourraient être inspirées par votre parcours et vos accomplissements ?

Dépassez vos craintes pour commencer vraiment à vivre votre vie.

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