Jouez votre rôle pour mettre fin à la violence contre les femmes

Par l’Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes, Nicole Kidman

Date : jeudi 30 octobre 2014

Nicole Kidman 
Photo: UN Women/Toby Morris

L’Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes et lauréate aux Oscars Nicole Kidman mène une campagne de sensibilisation pour mettre fin à la violence contre les femmes. Avec ONU Femmes, elle a voyagé dans différents pays pour mettre en avant les défis et les solutions sur le terrain, en vue de mettre fin à la violence contre les femmes. Elle a travaillé pour faire entendre les voix des survivantes, plaidant non seulement pour un arrêt de la pandémie de la violence contre les femmes, mais aussi pour la mise en place de services d’assistance destinés aux survivantes. Ici, elle exhorte tous les membres de la société à jouer leur rôle pour stopper ce fléau, qui affecte un tiers des femmes et des filles dans le monde.

Au moins un tiers des femmes et des filles seront soumises à la violence et à des maltraitances dans leur vie – cela représente plus d’un milliard de vies détruites par des traumatismes et des blessures.

Un tiers – ces statistiques ne sont pas seulement horrifiantes. Cela signifie que chaque jour, à chaque instant, une femme est soumise à une attaque brutale chez elle ou à une agression sexuelle dévastatrice. Cela signifie que, quelque part, une fille perdra son enfance lorsqu’elle sera mariée de force avant ses dix-huit ans. Une jeune fille souffre de douleurs atroces tandis qu’on mutile ses organes génitaux, en ce moment même, une pratique qui lui infligera toute une vie de séquelles physiques et mentales. Elle pourrait être votre amie, votre voisine d’à côté ou votre collègue de travail. Elle pourrait faire partie de votre famille. Qui sera la prochaine ?

Une sur trois. En tant que mère de trois filles, cette pensée m’est tout simplement insupportable. C’est effrayant de constater à quel point les lieux les plus ordinaires peuvent être dangereux pour nous, les femmes et les filles. Nous pourrions être battues ou violées, simplement en nous promenant dans un parc ou en route pour rendre visite à un ami, ou encore être harcelées à l’école ou en surfant sur l’Internet. La menace est toujours omniprésente et, le plus souvent, la violence contre les femmes et les filles survient là où nous devrions être le plus en sécurité – à l’école, dans nos foyers, avec nos partenaires.

Une sur trois. C’est outrageux. Je suis aussi mère d’un fils. Je ne peux pas accepter et je n’accepterai pas qu’il doive vivre dans un monde qui déforme la notion de la masculinité. Tant que nos garçons apprendront à accepter que la virilité est synonyme de dominance et de violence, nous serons encore très loin de fonder le respect mutuel et l’égalité qui doivent orienter toute relation entre les filles et les garçons, entre les femmes et les hommes. Au cœur de cette pandémie de violence contre les femmes réside l’inégalité profondément enracinée entre les sexes. Nous devons repenser et réarticuler ce que cela signifie d’être un garçon ou une fille, un homme ou une femme.

En tant qu’Ambassadrice de bonne volonté pour ONU Femmes, j’ai rencontré des survivantes et j’ai beaucoup appris sur ce qui fonctionne et sur ce qui est nécessaire. Je sais que la loi doit protéger les femmes et les filles pour garantir leur droit humain essentiel à une vie sans violence et pour traduire les agresseurs en justice. J’ai vu le besoin urgent de services pour les survivantes – des logements sûrs, une assistance médicale, des services de conseil et des conseils juridiques.

Je me souviens très clairement de la quatrième Conférence mondiale des femmes à Beijing en 1995. J’étais alors une jeune actrice et, malgré la distance avec Beijing, je l’ai vécue comme un moment d’espoir immense et d’aspiration. Les pays du monde entier se sont engagés pour l’égalité des sexes et ils ont fait de la lutte contre la violence à l’égard des femmes une priorité absolue. Ils ont reconnu que la violence fait partie des principaux obstacles à l’égalité, car les femmes et les filles perdent des occasions d’apprendre, de travailler et de prospérer lorsqu’elles subissent des violences. Elles sont confrontées à des conséquences pour la santé qui changent leur vie à jamais. La honte et la marginalisation peuvent les isoler de la vie publique. Aucun aspect de la vie des femmes et des filles n’est totalement à l’abri de la violence ou de son éventualité.

Depuis Beijing, beaucoup de choses se sont passées. Nous pouvons revenir sur le passé et observer la formation d’un élan puissant pour enrayer toutes les formes de violence contre les femmes et les filles. Beaucoup plus de femmes et de filles aujourd’hui sont effectivement protégées par des lois et des services. Les hommes et les garçons ont joint leurs efforts pour mettre fin à la violence et pour promouvoir l’égalité. Mais davantage d’efforts sont nécessaires.

Tout commence avec nous, alors ne l’ignorez pas. N’arrêtez pas le débat.

Pour moi, il n’y a pas de plus grande injustice que la violence contre les femmes et les filles. C’est pour cette raison que, en tant qu’Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes, j’ai parlé de ce problème en particulier. En tant qu’actrice et en tant que militante, je peux élever ma voix et aider à sensibiliser les gens. En tant que voisine et amie, je peux intervenir quand je suis témoin d’agressions. En tant que mère, je peux apprendre à mes enfants à se valoriser et à se respecter eux-mêmes, ainsi que les autres. Je peux leur apprendre à ne pas cautionner ou accepter la discrimination et la violence contre les femmes et les filles. Pour reléguer le problème de la violence contre les femmes et les filles au passé, nous devons commencer avec les générations actuelles et futures.

Entre le 25 Novembre 2014, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et le 10 Décembre 2014, date de la Journée internationale des droits de la personne, des militantes et militants du monde entier passeront à l’action et élèveront leurs voix contre la violence de genre. Elles et ils arboreront la couleur orange de manière créative pour que personne ne puisse plus ignorer le problème. Participez à l’événement. Mettez de l’orange dans VOTRE quartier pour mobiliser l’attention. Établissez un dialogue avec vos voisines et voisins et dans les magasins, les écoles, les bibliothèques et les bureaux de poste de votre quartier.

Imaginez un monde sans violence contre les femmes et les filles. Un monde dans lequel l’égalité, le respect et la justice ne sont pas de simples idéaux, où ces valeurs ne se limitent pas à quelques femmes et filles, mais où elles sont la norme pour nous, toutes et tous. Chacune et chacun d’entre nous a un rôle à jouer pour y parvenir. Jouez votre rôle.

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