Beijing+20 – Le Programme d’action de Beijing a 20 ans

 
Le Programme d’action
de Beijing a 20 ans

Queremos ser actoras de nuestros destinos y sujetas de derecho pleno

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Tarcila Rivera Zea avait 44 ans lorsqu’elle a participé à la Conférence mondiale sur les femmes organisée à Beijing en 1995. Aujourd’hui, cette activiste péruvienne est présidente du Centre des cultures autochtones du Pérou (CHIRAPAQ) et membre du Groupe consultatif mondial de la société civile d’ONU Femmes.

Date: 14 May 2014

Ce fut une progression très intéressante car j’étais déjà à Nairobi en 1985. Les indigènes étaient peu nombreuses, 15 tout au plus. En 1995, à Beijing, nous étions déjà plus nombreuses. Presque 100 femmes indigènes à Beijing… un vrai succès ! C’est ainsi que nous autres, indigènes d’Amérique latine, les tiers mondialistes du tiers-monde, avons eu l’opportunité de communiquer avec des femmes indigènes d’autres régions du monde et de notre propre région, en transcendant les barrières de la langue.

Tarcila Rivera Zea
Photo gracieuseté de Tarcila Rivera Zea

Presque 20 ans plus tard, nous avons pu comprendre la question de la violence qui sévit à l’échelle mondiale. Nous sommes unies, entre indigènes de tous horizons, aux côtés du mouvement des femmes et nous ne sommes pas seules. Il s’agit là d’une avancée majeure et des fondements sûrs pour l’avenir.

Certaines des femmes indigènes ont aujourd’hui un visage, nous avons notre propre voix. Je pense que nous avons brisé le silence, celui qui est au cœur de nos vies : le foyer, la famille, la communauté. Nous avons suffisamment œuvré au cours de ces années au niveau national et international, au point que nous n’avons plus honte de nous appeler indigènes.

Nous en sommes là après presque 20 ans. Les Objectifs du Millénaire et les Plans d’action de Beijing et du Caire nous ont permis de comprendre ce que sont les politiques internationales au regard de la mise en œuvre des politiques nationales. C’est grâce à ce processus et à ce contexte que nous avons développé des compétences. Une nouvelle étape s’ouvre, marquée par de nouveaux outils d’information pour atteindre de meilleurs résultats. D’ici à 2015, nous souhaitons être entendues, pouvoir nous appuyer sur des politiques et des programmes nationaux et internationaux associés à des noms, et disposer de budgets suffisants. À l’échelle mondiale, nous sommes quelque 400 millions de peuples autochtones. Cette politique, avec un visage et un vrai nom, pourra toucher près de 200 millions de femmes dans le monde.

Priorités post-2015

Sur la base de ce qui a été annoncé dans les politiques internationales et nationales, nous autres, femmes indigènes, voulons être reconnues, respectées et impliquées dans les actions concernant nos vies et notre participation doit compter à tous les niveaux. Quelle que soit la région du monde, nous ne devons pas être exclues des prises de décision qui concernent l’avenir de nos terres, de nos territoires, de nos ressources naturelles, du droit à l’alimentation, à la santé et à l’éducation.

Pour ce qui est du droit au développement, par exemple, il est important de prendre en compte nos connaissances et nos capacités spécifiques et d’y voir un potentiel et non un frein. Nos connaissances sur la diversité des plantes médicinales et alimentaires doivent être prises en considération dans les politiques sur la santé et l’alimentation. Ainsi, pour prévenir la mortalité maternelle, il est important de prendre en compte les médecines traditionnelles, de sorte que les politiques en matière de santé interculturelle et d’éducation doivent intégrer les systèmes nationaux, en permettant aux filles d’accéder à ces services qui relèvent de la responsabilité de l’État.

Nous aimerions que ces agendas aujourd’hui épars (Beijing, ODM et post-2015) puissent s’articuler entre eux et se compléter. Si des actions futures devaient être programmées, elles devraient refléter la dimension des droits humains et ceci selon une perspective d’ouverture pour commencer à éradiquer toute forme de violence dans nos vies et sur nos territoires, où l’indigène et la femme seront synonymes de richesse de connaissances, de valeurs, de capacités contribuant au bien-être de la société. Tel est le cas, par exemple, de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique et de la lutte contre la faim dans le monde.

En d’autres termes, nous voulons être les actrices de nos destins et être des citoyennes de plein droit.

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